atelier2013.ch

Tout (ou presque) sur le portrait.

le webmestre

Le portrait:

Sommaire

1.Définition
2.Généralités
3.Profondeur de champ
4.Bases
5.Le travail avec le modèle
6.Bibliographie

DEFINITION :

Portrait : Image donnée d’une personne par la peinture, le dessin, la sculpture ou la photographie.
Larousse

GENERALITES :

a.Daguerre (1787-1851)

Le plus ancien portrait photographique conservé est attribué à Louis Daguerre et est intitulé « M. Huet 1837 », dont voici une réplique: 

M.Huet 1837

Daguerréotype de 5.8 x 4.5 cm

Le daguerréotype est le premier procédé photographique divulgué. Acheté par la France à son inventeur en 1839, il est en vogue entre 1839 et 1855, puis, peu à peu remplacé par les procédés négatifs - positifs.
Le daguerréotype est une photographie enchâssée dans un écrin, parfois colorée à la main. Il se fait sur une plaque de cuivre argentée, ressemblant à un miroir et s’obtient directement dans la chambre noire (appareil de prise de vue). Cela produit une image à la fois positive et négative, qui est unique et non reproductible. L’image ainsi obtenue est de très bonne qualité, mais elle est fragile.


b.Questions fondamentales 

- Quelle est la place du portrait dans l’histoire de la photographie ?

Dès les premières décennies de son histoire, la photographie explore déjà, pour ainsi dire, la totalité des sous-genres du portrait que nous pratiquons encore actuellement : des portraits officiels commandés par les puissants de ce monde au nu – qu’il soit académique, intime, érotique ou pornographique – en passant par les images de célébrités artistiques ou intellectuelles, le portrait social, le portrait documentaire, le portrait « scientifique », le portrait familial – et notamment le portrait de mariage et les portraits d’enfants – l’autoportrait, le portrait de groupe, le portrait historisant, le portrait fictif, etc..
L’évolution ultérieure ne fera que reconduire cette place importante du portrait : il sera de tout temps un des usages sociaux majeurs de la photographie.

- Le portrait photographique est-il un art ?

La grande différence qu’il y a entre l’art, au sens pictural, et le portrait photographique réside dans le fait que l’évolution de la photographie ne s’est pas fait par rupture de courants, mais bien plutôt par accumulations ; c’est pour cela que toute pratique passée est en même temps une virtualité présente.
Le portrait photographique ne peut évoluer dans un sens de complète restructuration du modèle, ce qui fait qu’il est en complet désaccord avec les principes mêmes de l’art contemporain : les pièges de l’imitation, du semblant, du simulacre – bref l’image – doivent être combattus.
Bref, si le portrait photographique est un art, il se départit totalement de l’art pictural, d’où le refus de la population à le considérer comme un art majeur, mais bel et bien mineur.

- Le portrait photographique, orienté sur la seule recherche de la ressemblance est-il toujours d’actualité ?

Il semble que nous passions du portrait à l’antiportrait. Le phénomène est indéniable : il existe actuellement, chez un certain nombre de photographes, une tendance à déconduire le portrait canonique.
C’est ainsi qu’ils s’efforcent de dévisager le visage, que ce soit par le flou, par l’agrandissement démesuré du détail, par la lacération de la surface sensible, etc..
Mais il s’agit là que d’une des tendances du portrait photographique actuel et non pas d’une évolution qui témoignerait d’une mutation définitive.

- On dit « faire un tableau », mais « prendre une photo » ; la relation du photographe à son modèle est-elle une relation de pouvoir ?

Contrairement à une idée reçue, le photographe n’est jamais un sujet désincarné face à un objet maintenu à distance.
Ceci est particulièrement vrai pour le portrait, puisqu’il repose dans sa possibilité même sur une interaction entre le photographe et le portraituré. Il est vrai que ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut en portrait judiciaire.
La fabrique même du portrait photographique se fait toujours entre, au minimum, deux sujets humains ; il n’y a pas un regard unique, mais deux regards qui s’éprouvent réciproquement.
En fait, le portrait photographique présuppose toujours un pacte dont l’enjeu est la rencontre et la négociation de deux désirs. Or, il n’y a pas de raison pour que le désir d’œuvre du photographe et le désir d’image du portraituré coïncident : de ce fait, le portrait rencontre toujours sa vérité dans la manière dont il négocie la tension entre des regards qui se croisent et qui s’éprouvent mutuellement.
Un portrait photographique réussi est donc un portrait où le photographe a réussi à sublimer le désir du portraituré, jusqu’à réaliser une image de celui-ci qui va au-delà de ses espérances.

PROFONDEUR DE CHAMP :

La profondeur de champ (PdC) est la distance maximale de netteté, pour un sujet donné, entre le premier plan net (PPN) et le dernier plan net (DPN).
La distance optimale de mise au point (MaP) est donnée par la formule :

D = 2 (PPN x DPN) / (PPN + DPN)

D: distance de mise au point
PPN : premier plan net
DPN : dernier plan net

Exemple d’application:

Une voiture se trouve de 3/4 par rapport à notre appareil photo. La calandre se trouve à 3m et le pare-choc arrière à 6m. Nous voulons faire en sorte que notre image soit nette entre ces deux plans. Quelle est la distance de MaP ?

D = 2 (3 x 6) / (3+6)

D = 4m

Nous nous apercevons donc que la distance de MaP optimale n’est pas au milieu de la voiture, mais au tiers avant de la distance séparant PPN et DPN. Tout calcul superflu nous sera donc dispensé.

Pour que notre voiture soit nette partout (et rien qu’elle), il faut deux conditions :
1.Que la MaP soit faite (à pleine ouverture du diaphragme) sur le tiers avant (soit 4m).
2.Que la PdC s’étende sur DPN – PPN = 3m.

La profondeur de champ ne dépend que de l’ouverture du diaphragme. En pratique, il suffira – après avoir assuré la mise au point sur la distance optimale « sur le tiers avant » - d’appuyer sur le bouton test de PdC et de fermer manuellement le diaphragme jusqu’à ce que l’ensemble du sujet soit net dans le viseur.

BASES :

Pour le portrait photographique, nous avons besoin d’une longueur focale type de minimum 90mm (pour un format 24 x 36), d’une ouverture de 5.6 à 8.0. Le fond devrait être uni.

Certains photographes affirment qu’il n’est pas possible de faire du portrait avec une longueur focale en dessous de 90mm, mais les photographes actuels démontrent que l’usage de grand angulaire peut avoir une utilité pour faire ressortir le cadre de la prise de vue.

L’ouverture de 5.6 à 8.0 permet de rendre le fond flou et faire une mise au point sur le sujet (humain), qui restera entièrement net.
A noter que les objets qui se trouveraient devant le sujet seront eux aussi flous.

Quant au fond uni, il dépend des conditions de prise de vue. Elles ne sont pas les mêmes en intérieur qu’en extérieur, mais pour le studio, il est vrai que le fond uni est privilégié.
Ce fond peut être de n’importe quelle couleur si l’on fait du noir – blanc, mais un choix important doit se faire lors de l’utilisation de films couleurs. Les fonds criards, dans ce dernier cas, sont à mettre de côté.

LE TRAVAIL AVEC LE MODELE :

Comme nous avons pu le voir plus haut, une belle image ne dépend pas seulement du regard du photographe, mais aussi de celui du portraituré, autrement dit du modèle.
Quelques règles de base permettront de mettre toutes les chances de votre côté.

- Mise en confiance du modèle :

Je le répète encore une fois, un portrait réussi dépend à la fois du photographe et du modèle. Il est extrêmement important que celui-ci se sente bien. Pour cela, vous pourrez lui proposer un tirage des photos qu’il (ou elle) préfère. Vous pouvez aussi lui expliquer ce que vous attendez de cette séance avec votre modèle et ce que vous voulez faire.

- Direction de la séance :

Il est bon de commencer une séance photo par les poses que vous-mêmes avez déjà pratiquées, afin de vous mettre vous à l’aise et que le modèle sente que vous êtes décontracté.
Un portrait ne se prend jamais de face (asymétrie du visage) ou de profil (rares sont les modèles qui aiment se voir dans une posture qu’ils ne connaissent pas). Evidemment, si le modèle a un profil superbe, rien ne vous empêche de tirer son profil en cours de séance, une fois qu’il (ou elle) se sent suffisamment à l’aise pour vous laisser faire.

- Environnement :

Le fond doit se trouver suffisamment éloigné pour ne pas « ombrer » le modèle, à moins que cet effet soit souhaité.
En extérieur, il est très important de bien faire attention à l’arrière-plan. Il serait dommage qu’une pose et une image superbe soient ratées par un élément indésirable (magnifique camion rouge avec grand logo de l’entreprise ou personne qui se mouche,…)

- Eclairage :

Je prône personnellement l’éclairage naturel, mais lorsque les conditions ne le permettent pas, le recours à un studio ou un abri bien protégé s’avèrent très utiles.
De plus l’éclairage de studio permet de varier les effets (flous, contre-jour, Harcourt Studios,…)
Pour commencer en studio, il est bien de débuter avec une seule lampe flash, d’en explorer toutes les possibilités, puis de passer à deux, trois, etc.

Les accessoires qui peuvent s’avérer utiles sont :

- Les volets d’éclairage (effet de contre-jour)
- Les boîtes à diffusion (éclairage uniforme)
- Les réflecteurs (blanc, argenté, doré ou noir)

Il existe bien évidemment d’autres accessoires, mais je vous laisse le libre arbitre pour en explorer les coins et les recoins.

BIBLIOGRAPHIE :

- René Bouilliot
« La pratique du reflex argentique & numérique »
éditions VM
No. ISBN : 2-86258-231-X

- William Cheung
« Portraits »
éditions La Compagnie du Livre, collection Photo pratique
No. ISBN : 2-912679-44-3

- Terry Hope
« Portraits et Personnages »
éditions La Compagnie du Livre
No. ISBN : 2-88046-463-3

- Internet :

- http://classes.bnf.fr/portrait/photo.htm
- http://www.paris.fr/musees/arcp/Junior/DAGUERRE.HTM
- http://www.paris.fr/musees/arcp/Junior/6_daguerreotype.htm



Fait à Chézard, par Christophe Ramey, pour l’Atelier 2013